Quel Système Agroalimentaire Mondial (SAM) en 2025 ?
Il n'est plus possible de réfléchir à et de s'interroger sur le devenir de l'agriculture, de l'industrie, de la distribution et de la consommation alimentaires françaises et européennes sans intégrer dans le même temps cette réflexion dans une analyse prospective planétaire globale. Il devient essentiel d'anticiper l'évolution de la mondialisation agroalimentaire et son impact sur les positions, les comportements, la dynamique de tous les acteurs (notamment les FAM - ou Firmes Agroalimentaires Mondiales*) et sur leur environnement. (*) : Télécharger le classement (PDF ou Video) des 100 premiers groupes agroalimentaires mondiaux (démonstration). Pour acheter la liste des cent principaux groupes agroalimentaires mondiaux cliquer d'abord ici et ensuite ici.
Cette analyse prospective globale ne peut pas se contenter d'explorer l'univers de l'alimentation et de l'agroalimentaire (même élargi à l'agro-non-alimentaire). En ces temps de globalisation et d'uniformisation accélérées, c'est la complexité de la société mondiale et toutes ses activités qu'il faut tenter d'appréhender dans une même vision. Ce qui est complexe est certes compliqué, mais la complexité est créatrice : il faut donc s'en réjouir - et en profiter tant qu'il est encore temps - car l'uniformité qui s'instaure partout, elle, est simple et stérilisante.
Penser le Système Agroalimentaire Mondial (SAM) prend brusquement un relief tout particulier (accentué, à juste titre pour une fois, par un effet de lumière médiatique !) dans le contexte, actuel, de la flambée des cours des matières premières agricoles et des énergies fossiles, et dans celui, imminent, de la pénurie d'eau et de terres. Nourrir l'Humanité redevient une question sérieuse, angoissante, qui ne fait plus sourire mais frémir. Et il y a de quoi ! Si l'on veut parvenir à nourrir un population de 9 ou 10 milliards de personnes en 2050 ce sont, au minimum, tous les comportements des acteurs du SAM (au-delà du minimum c'est la refondation du SAM et du Système Économique Mondial qu'il faut envisager...) qui vont devoir changer en profondeur, pour produire et distribuer beaucoup plus efficacement (tout en préservant les équilibres naturels et sociétaux de la planète), et pour consommer mieux et autrement. En particulier quatre types d'acteurs vont devoir se remettre - ou être remis - en cause :
- les consommateurs. Vaste sujet ...
Dans les pays développés il s'agit de retrouver les racines de la tradition tout en se tournant plus résolument que jamais, mais avec l'esprit critique nécessaire, vers la Modernité. Il s'agit de réapprendre à faire la cuisine avec des produits simples, créer son petit potager et laisser pousser sa pelouse, substituer des consommations saines et bon marché (l'eau du robinet par exemple) à des consommations néfastes, chères et dévoreuses de ressources. Il s'agit de laisser la démission et la précaution aux vestiaires, redevenir responsable et accepter le risque... Beaucoup s'accorde sur le "Y'a Qu'à Faucon". Mais peut-on réellement croire que nos comportements vont se modifier en profondeur si le système dans lequel nous sommes - que nous avons généré et que nous cautionnons chaque jour - ne change pas lui-aussi sensiblement (individualisme, argent, stress, urbanisation accélérée, temps compté, etc.) ? Très vite on se heurte à cette incontournable vérité : tout est dans tout...
Dans les pays en développement et particulièrement dans les deux grands pays émergents (Chine, Inde), où se concentre 30% de la population mondiale, il s'agit, là aussi, d'allier tradition locale et modernité, et par exemple de ne pas s'engager trop rapidement vers une modification des modes de consommation alimentaire copiés sur l'occident (viande, lait de vache,...) - en tout cas, pas avant d'avoir développé les sources locales de nouvelles matières premières animales nécessaires pour ne pas peser excessivement sur le marché mondial.
La diversité des cultures alimentaires est, elle aussi, comme les autres diversités, compromise par la mondialisation. Il faut encourager et valoriser les usages et les arts culinaires locaux - basiques et pas seulement gastronomiques - partout dans le monde !
- la grande distribution alimentaire qui ne peut pas être efficace (i.e. proposer aux consommateurs une offre de qualité, profonde et variée, à des prix les plus bas possibles) si les conditions d'une véritable et saine concurrence ne sont pas réunies. Ce qui interpelle les pouvoirs publics. Ce qui pose la question de la concentration excessive du commerce alimentaire et, de plus en plus, celle de l'industrie alimentaire (l'une ne va pas sans l'autre)...
- les grands groupes agroalimentaires mondiaux (agrobusiness en tête) : ces opérateurs, sous peine d'être lourdement discrédités et, in fine, disqualifiés, ne pourront plus concentrer leurs efforts uniquement sur les produits élaborés à forte valeur ajoutée, à forte image ("our brands" !) et à forte rentabilité. Il va falloir qu'ils se recentrent aussi et surtout sur des produits essentiels, basiques mais pas archaïques - car ils seront obligatoirement sains, utilement nutritionnels et techniques (ce qui ne veut en aucun cas dire sophistiqués) - à la portée de tous et notamment des ménages les plus frappés (de plus en plus massivement nombreux ! Attention aux retours des populismes et des fascismes !) par la baisse accélérée du pouvoir d'achat (en France et ailleurs). Des groupes comme Nestlé et Unilever ont joué, dans le passé, un rôle capital dans la résolution, par l'innovation, des problèmes de rareté de certaines matières premières, de mortalité infantile, etc. Un nouveau défi, bien plus grand, beaucoup plus difficile, se présente. Ces grands groupes devront le relever, faute de quoi...
- les producteurs agricoles qui doivent repenser leur mode de production et le rendre moins énergivore, moins consommateur d'eau et d'inputs de toutes sortes, moins destructeur de la nature, plus respectueux de la diversité, etc. Dans le même temps ces producteurs, dans les pays riches comme dans les pays pauvres, vont devoir tenter le tour de force d'améliorer leurs performances car dans le futur on augmentera surtout la production par l'accroissement de la productivité, très peu pas par la mise en culture de nouvelles surfaces. Une productivité durable, synonyme de qualité... Ils n'y parviendront que s'ils y sont encouragés, dans la durée, économiquement et humainement, et surtout s'ils se sentent soutenus par les consommateurs et plus généralement par la société dans son ensemble. Dans les pays en développement le maintien d'une population rurale agricole productive, plus efficace, donc moins exploitée, plus formée et plus motivée, est un impératif absolu.
D'autres acteurs sont concernés, au premier rang desquels se trouvent les pouvoirs publics nationaux et internationaux (Union Européeenne, etc.)... On y reviendra... Soulignons juste un point : la nécessité urgente de développer - en quantité (via la productivité plus que via le déploiement des surfaces) et en qualité - les productions végétales vivrières dans le monde entier. Dans les pays pauvres, comme l'Afrique, bien évidemment. Mais aussi dans les pays riches comme l'Australie, l'Europe ou les Etats-Unis. Et surtout dans les grands pays émergents intermédiaires comme la Chine et l'Inde. Le développement rapide d'une nouvelle agriculture - très productive mais peu consommatrice de ressources et peu destructrice de la nature - est une nécessité et un des défis majeurs que l'humanité doit relever vigoureusement. Chacune de ces régions du monde doit concevoir et mettre en oeuvre un nouveau modèle agricole spécifique et ambitieux. Il n'y a pas une recette mondiale ! Il n'y a que des recettes régionales et locales ! Même s'il convient d'accélérer le développement et la diffusion de la Recherche (agronomique, etc) et du patrimoine scientifique partout dans le monde - sachant qu'une part grandissante de ses applications utiles risque d'être concentrée entre les mains de quelques groupes - il faut empêcher la généralisation d'un seul modèle agricole performant dans le monde entier. Là encore, la diversité est impératif et une condition du succès. Quand tout sera uniformisé - produits et esprits - il sera trop tard.
Bref, un triple défi principalement politique (au sens plein du terme), secondairement économique et scientifique pour l'Humanité...
Pour tenter d'entrevoir ce que sera le SAM en 2025 il faut au minimum explorer les thèmes suivants :
I- « Agroalimentaire » : définitions et champ. L’univers de référence du SAM : l’agro-alimentaire mais aussi l’agro-non-alimentaire…
II- Mondialisation* et Agroalimentaire : nature/spécificités, conséquences, enjeux, interrogations. [*] : Internationalisation, globalisation, concentration, hypernormalisation, industrialisation/élaboration, virtualisation, financiarisation, etc.
III- Données Quantitatives Globales : productions, consommations et flux mondiaux et régionaux : situation et évolution
IV- Filières : spécificités, dynamiques, problématiques, atouts et menaces
V- Ensembles Géopolitiques : importance, forces / faiblesses, atouts, évolution des pôles moteurs du système : pôles dominants (États-Unis, Europe, Japon,…) et pôles émergents (Brésil, Inde, Chine,…)
VI- Groupes Industriels Agroalimentaires Leaders - Les FAM (Firmes Agroalimentaires Mondiales) présentation, profils stratégiques, dynamiques, problématiques (ex. :l’impératif majeur de la marque globale), évolution future
VII- Grande Distribution Alimentaire de Détail : leaders, analyse, problématiques (ex. : affirmation des chaînes dans la « gouvernance » des filières : inversion de la relation fournisseur / détaillant, maîtrise de la normalisation, contrôle croissant du consommateur etc.)
VIII- Paysage Stratégique Global, actuel et futur : présentation et analyse systémique du SAM : principaux acteurs, activités, flux et forces en action et en interaction ; lecture et interprétation prospective du paysage stratégique (transformations, déséquilibres à l’oeuvre et ruptures émergentes / probables / possibles)
IX- Consommateurs : tendances, interrogations (vers des produits diversifiés ou standardisés, sains ou malsains, réels ou virtuels, naturels ou artificiels, utiles ou futiles, pour les riches ou pour tous, énergivores / planéticides ou non ; une société globale qui subit ou qui maîtrise son destin ?
X- Finalité du SAM :
Un Objectif : bien nourrir durablement toute l’humanité - sécurité alimentaire, santé, qualité, diversité, environnement…
Un Impératif : développer de manière forte et harmonieuse l’agriculture des PED et enrayer l’exode rural, donc la méga-urbanisation et l’immigration massive
XI-L’Europe, la France et le SAM : les défis de l'agroalimentaire européen et français
XII- Pour un Système Alimentaire Mondial - plusefficace, plus juste, multidimensionnel et plus durable - dans une société mondiale plus humaine, plus noble, plus créatrice et plus sereine
Télécharger la plaquette de Présentation de Food Intelligence : cliquer ici